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Une chronique de Émilien Veyrier

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Wildlife Photographer of the Year 2026 : les clichés marquants et leurs coulisses

Selon le reportage de la BBC consacré au concours Wildlife Photographer of the Year 2026, organisé par le Muséum d'histoire naturelle de Londres, plusieurs clichés ont déjà reçu une mention spéciale.

Émilien Veyrier, Photographe de haute montagne et spécialiste des conditions extrêmes·mis à jour 04 septembre 2026

Wildlife Photographer of the Year 2026 : les clichés marquants et leurs coulisses

Ce qui m'accroche n'est pas le palmarès — c'est ce que ces images disent du protocole de terrain.

Huit heures sous la glace, un déclic à 4 h du matin

Voici la méthode du Norvégien Audun Rikardsen, photographe et guide pour Arctic Wildlife Tours. Il a installé une caméra sous-marine munie d'un détecteur de mouvement sous l'orifice respiratoire d'un phoque. Puis il a attendu. À 4 heures du matin, une ourse polaire s'est approchée et a regardé sous l'eau. Rikardsen a patienté huit heures que l'ourse s'éloigne avant de récupérer le boîtier et de visionner les images.

Huit heures. Dans l'Arctique. Le boîtier encaisse le gel, la pression, l'éventuelle morsure du phoque, l'humidité saline. La contrainte physique dicte la cadence — pas l'inspiration du moment.

Les autres terrains du concours

Le reste de la sélection prouve que la photo animalière se gagne aussi dans l'attente urbaine. Crockford a photographié le retour des martinets à Londres après leur migration depuis l'Afrique: il a patienté que quelques oiseaux descendent à hauteur de cadre, eux qui passent leur vie entière en vol. Miyazawa a saisi un crapaud du Japon oriental marchant sous la pluie en ville, avec une vitesse d'obturation lente pour rendre l'ambiance. Aasen, aux commandes d'un drone pour le Norwegian Orca Survey, a filmé une orque adulte transportant le corps d'un baleineau mort dans un fjord norvégien — un comportement qu'une étude de 2026 suggère plus répandu qu'on ne le pensait. Les jumeaux Grammatico, eux, n'ont découvert qu'au visionnage qu'ils avaient capturé un moustique posé sur la tête d'une vipère fer-de-lance.

Chaque terrain dicte son cadre. Son froid. Son silence à tenir.

Ce que je retiens pour votre prochain terrain

Rikardsen a déjà remporté Birds en 2019 et Oceans: The Bigger Picture en 2025. Les lauréats 2026 seront annoncés le 13 octobre, puis exposés au Musée d'histoire naturelle de Londres. Pour vous qui shootez dehors par tous les temps, la leçon tient en peu de mots: la part d'aléatoire que ce photographe assume, et qu'il ne contrôle pas. Sans le passage de cette ourse, pas d'image. Le reste — la lumière, le sujet, la patience — c'est votre affaire sur le terrain. Et comme toujours en altitude ou face au sauvage: votre boîtier doit encaisser avant vous.