Thiers : huit regards d'artistes sur la nature et le bois pour le bicentenaire
Une exposition à Thiers réunit huit photographes autour de trois thèmes — nature, enfance, bois — à l'occasion du bicentenaire de la photographie, rapporte La Montagne.
Émilien Veyrier, Photographe de haute montagne et spécialiste des conditions extrêmes·mis à jour 10 septembre 2026

Le signal mérite qu'on s'y arrête: 2026 marque les 200 ans du médium, et plusieurs événements en France s'y rattachent, de Mayotte à Montpellier. Pour nous, photographes d'altitude, c'est une occasion de recadrer la pratique. Le grand public regarde à nouveau la photo de nature comme un terrain de réflexion, pas seulement comme une carte postale.
Le bicentenaire, un cadre utile pour travailler
Je prends toujours les anniversaires avec prudence — ils produisent plus de bruit que de fond. Mais celui-ci a un mérite: il oblige les institutions à programmer de la photographie de nature en dehors des sentiers balisés de la photo plasticienne. Selon La Montagne, Thiers accueille huit photographes sur des sujets qui parlent au terrain — la matière (le bois), le vivant (la nature), la trace humaine (l'enfance). Ce triptyque croise exactement ce que nous affrontons en montagne: matière minérale, vivant menacé, présence humaine fugace.
Pour vous, lecteurs de ce carnet: traitez cette exposition comme une étude de cas. Pas pour applaudir, mais pour comparer. Comment un photographe de studio rend-il le grain d'une écorce? Quelle focale choisit-il pour un enfant dans un sous-bois? À -10 °C, téléobjectif dans le vent, ces choix-là ne pardonnent pas. La photo de nature en galerie semble simple. Sur le terrain, elle ne l'est jamais.
Ce que je vais suivre, et ce que vous pouvez en faire
Deux points m'intéressent au-delà de l'événement. D'abord, la programmation parallèle: Futura publie en ce moment un portrait d'Andy Parant, photographe out-door. Je veux voir si d'autres portraits de photographes de terrain sortent dans la foulée. Ensuite, la circulation des expos: Mayotte Hebdo parle de talents locaux pour le bicentenaire, Midi Libre signale quatre événements photo à Montpellier cette semaine. La photo de nature n'est plus un sujet parisien. Elle se diffuse en région, et c'est une bonne nouvelle pour la légitimité de notre pratique.
Mon conseil pratique, sans détour. Si vous passez dans le Massif central cet automne, arrêtez-vous à Thiers. Observez la lumière des tirages, les choix de profondeur de champ, la gestion du contraste dans les sous-bois. Ce sont les mêmes paramètres que vous retrouverez en versant nord à 2 500 m, quand le soleil disparaît derrière l'arête et que la dynamique de votre capteur joue son dernier vaillant. Comparez ce que vous voyez en galerie à ce que vous ramenez du terrain. L'écart vous apprendra plus qu'un livre de technique.