Appels à candidatures : les opportunités incontournables pour les photographes
Fisheye Magazine vient de recenser plusieurs appels à candidatures photographiques ouverts en ce moment — et quelques-uns méritent qu'on s'y arrête.
Émilien Veyrier, Photographe de haute montagne et spécialiste des conditions extrêmes·mis à jour 06 septembre 2026

Plutôt que de courir après tous les prix, j'ai isolé ceux qui peuvent réellement servir un travail de terrain. Et puisqu'on parle de soumissions, une campagne islandaise récente mérite aussi qu'on s'y penche.
Ce qui mérite un dossier
Le festival photographique de Montmélian lance sa quatrième édition. L'association Plein Format cherche des candidatures pour une manifestation qui se tiendra du 15 juin au 19 octobre 2019. Pour un photographe de montagne, c'est une porte d'entrée concrète: un festival à taille humaine, où la série documentaire pèse autant que l'image unique.
Plus large, mais avec un thème qui parle au terrain: l'appel à candidatures autour de « Nouvelles frontières », lancé en partenariat avec le Festival Photo de La Gacilly. Le festival travaille depuis seize ans les enjeux environnementaux et sociétaux liés à la mondialisation. La date limite: le 15 mars 2019. La question posée — de quel espace parle-t-on quand on parle de frontière? — a de quoi faire réfléchir quiconque a posé un trépied au sommet d'une crête.
Même réflexion du côté de la plateforme Wipplay et du concours « Frontières », qui accepte les candidatures jusqu'au 6 mars 2019. Trois prix: jury, public, coup de cœur. Le sujet reste ouvert — naturel ou artificiel — et c'est précisément ce qui peut servir une lecture de paysage.
Images Vevey relance enfin ses deux concours: le Grand Prix, bourse d'aide à la création pour développer un projet inédit sur un an, et le prix du Livre, pour donner une forme éditoriale aboutie à un travail. Date butoir: le 28 février 2019. Pour qui a déjà une série cohérente en tête, c'est l'occasion de passer du Raw au livre.
La leçon venue d'Islande
Pendant qu'on prépare les dossiers, Icelandair vient prouver l'inverse de ce qu'on nous serine depuis dix ans: une caméra seule ne fait pas la photo. La compagnie islandaise a lancé sa campagne « Really Bad Photographer » en partant d'un postulat simple — l'Islande est à ce point authentique que même le pire des photographes peut y rapporter une belle image.
Sur 127 642 candidatures venues du monde entier, c'est Blanche Mortemard, une Parisienne sans expérience préalable de l'île, qui a été retenue. En dix jours sur place, elle a shooté 7 000 photos. Le directeur marketing monde de la compagnie, Gísli S. Brynólfsson, assume le message: face à la montée des images générées par l'IA depuis 2025, l'authenticité du terrain reprend ses droits. Selon lui, représenter l'Islande en images ne demande tout simplement pas d'IA.
Ce que j'en retiens
Deux lectures possibles. Soit on se dit que n'importe qui peut faire de la photo de paysage avec un peu de chance et un bon sujet — et on baisse les bras. Soit on comprend que lorsque la lumière est juste, le photographe disparaît derrière son sujet. C'est la deuxième option qui m'intéresse.
Pour les candidatures, ne vous dispersez pas. Un dossier solide sur Montmélian ou « Nouvelles frontières » vaut mieux que cinq envois bâclés. Rangez votre Lightroom, ressortez vos fichiers Raw, et présentez dix images qui se tiennent — pas trente qui se marchent dessus. Les meilleurs projets photographiques naissent rarement d'un thème imposé: ils naissent d'un terrain qu'on connaît par cœur.