Bicentenaire de la photographie à Arles : cap sur une année de célébrations
Près de 200 ans d’images vont servir de matière à Arles: selon JDS.fr, la ville prépare le Bicentenaire de la photographie, labellisé par le ministère de la Culture.
Émilien Veyrier, Photographe de haute montagne et spécialiste des conditions extrêmes·mis à jour 30 août 2026

La programmation officielle doit s’étendre du 1er septembre 2026 au 30 septembre 2027, avec une grande exposition dans la ville et un ensemble d’événements culturels. Pour un photographe, l’intérêt n’est pas seulement commémoratif: il s’agit d’observer comment une commune construit sa mémoire par l’image.
Une année pour regarder le territoire autrement
Le projet arlésien veut explorer les liens entre photographie et mémoire des lieux. Le principe est solide. Une image ne conserve pas seulement un visage, une rue ou une façade: elle fixe un état du terrain, une lumière, une organisation sociale. Puis elle devient une trace que l’on confronte au présent.
Je travaille souvent en altitude avec cette contrainte. Une paroi, un glacier ou une arête changent avant même que l’on ait rangé le trépied. À Arles, l’échelle est différente, mais le problème reste concret: comment transmettre un lieu lorsque le temps l’a déjà transformé?
La photographie et l’inspection générale du patrimoine sont apparues presque simultanément dans la première moitié du XIXe siècle. L’événement s’appuie sur ce rapprochement entre fixer, conserver et transmettre. La ville doit ainsi être abordée comme un terrain photographique continu, et non comme une simple succession de salles.
Une exposition en ville, mais peu de détails encore disponibles
Le dossier communiqué par JDS.fr confirme une grande exposition répartie dans Arles, accompagnée d’une programmation culturelle élargie. En revanche, les horaires détaillés, les tarifs, la liste complète des lieux et le contenu précis des rendez-vous ne figurent pas dans les éléments disponibles ici. Ne partez donc pas avec un programme supposé en tête: ces informations devront être vérifiées avant le déplacement.
Pour préparer une visite photographique, je vous conseille de raisonner comme avant une sortie de terrain. Repérez d’abord les lieux confirmés. Ensuite seulement, choisissez votre matériel. Une focale fixe légère sera plus utile qu’un sac surchargé si l’exposition se déploie réellement dans différents secteurs de la ville. Prévoyez aussi du temps pour revenir sur un même emplacement: la mémoire d’un lieu se lit rarement en une seule image.
L’événement a été renseigné par l’Office de Tourisme d’Arles, d’après la fiche reprise par JDS.fr. Cela donne un point de départ institutionnel, pas une garantie sur chaque modalité pratique. Les dates générales sont établies; le reste doit encore être contrôlé au moment de planifier votre venue.
Alain Keler, un autre rapport au temps photographique
La programmation arlésienne est aussi illustrée par une exposition consacrée au photoreporter Alain Keler, présentée aux anciennes Douches municipales, au 2 rue Léon Blum. Âgé de 80 ans, il travaille principalement en noir et blanc et a couvert des événements à Paris en mai 1968, à Washington, au Guatemala, en Pologne, au Liban, au Salvador, place Tian’anmen, en Tchétchénie et en Colombie.
Le parcours montre notamment des photographies de mai 1968 mises en regard. L’une cadre un groupe de CRS enjambant une barricade devant une boutique spécialisée dans la photographie d’enfants; l’autre élargit la scène autour de voitures renversées et d’une foule étudiante. Le rapprochement avec d’autres images de Keler fait apparaître des échos de formes, de casques et de foules entre des lieux et des périodes éloignés.
C’est un point à retenir pour la prise de vue: documenter un événement ne signifie pas forcément chercher l’image spectaculaire. Le travail décrit autour de Keler privilégie ce qui est là, y compris lorsque l’essentiel reste hors champ. Pour vous, la consigne est simple: ne forcez pas le cadre. Observez ce que le lieu laisse voir, mais aussi ce qu’il refuse de livrer.
Le Bicentenaire commencera le 1er septembre 2026 et se poursuivra jusqu’au 30 septembre 2027. Avant de réserver ou de charger le sac, vérifiez les horaires, les tarifs et la répartition exacte des expositions. Sur le terrain, une information manquante finit toujours par coûter du temps.